Renny TAIT
Né en Ecosse, en 1965
Renny TAIT traite ses sujets comme des natures mortes, et exerce un contrôle absolu sur la composition, le contenu et le fond. Ses œuvres mêlent à la fois un univers lisse, précis et rectiligne et une lumière mystérieuse qui transcende le monument choisi dans une atmosphère dépeuplée et poétique. Il a entamé dès 1990 une très belle carrière artistique internationale.

EXPOSITIONS & FOIRES




BIOGRAPHIE
FORMATION
1983-1988 : Ecole d’Art d’Edimbourg
1988-1990 : Ecole Royale d’Art, Londres
1990-1991 : Ecole de peinture de Rome, Ecole Britannique de Rome
EXPOSITIONS INDIVIDUELLES
Angleterre : Londres (Flowers Gallery : Flowers Cork Street, Flowers East, Flowers West, Flowers Central) ; Bradford (Cartwright Hall)
Etats-Unis : New York (Flowers Gallery)
EXPOSITIONS COLLECTIVES
Etats-Unis : New York (Flowers Gallery, The Metropolitan Pavilion) ; Miami (The Art Wynwood Pavilion, The Art Miami Pavilion) ; Los Angeles (Flowers West)
France : Paris (Galerie ARCTURUS, Galerie Rachlin Lemarié)
Grande-Bretagne : Londres (Flowers Gallery : Flowers Cork Street, Flowers East, Flowers West, Flowers Central, Flowers Kingsland Road ; Cartwright Hall Art Gallery, Business Design Centre, Royal Academy Summer Exhibition, McKenna&Co. Berkeley Square Gallery, Paton Gallery) ; Bradford (Cartwright Hall) ; Edimbourg (Scottish Gallery)
Suisse : Thoune (Ecole Allemande)
COLLECTIONS PUBLIQUES
Arthur Andersen ; Christie’s Corporate Art Collection; Cox Insurance Holding ; Mines de consolidation De Beer ; Denton Hall ; Dorset County Hospital ; Ecole d’Art d’Edimbourg ; Government Art Collection ; Académie Royale, Collection Richard Ford ; Ecole Royale d’Art ; Société Générale ; Tate Gallery ; T.I Group ; Unilever Plc
PRIX
1997 : Royal Oversaes League
1990 : Prix Scottish International Education Trust ; Prix du Paysage David Murray ; Prix Elisabeth Greenshields
1989 : Prix Edith and Isaac Wolfson Trust
1988 : Prix Richard Ford, Prado ; Prix Andrew Grant Major
1987 : Prix Catriona White , dessin de portrait
1986 : Yale Summerschool of Art, Connecticut, Etats-Unis
BIBLIOGRAPHIE
2000 : Renny Tait, Studies in Form, Flowers, Londres
1997 : Philip Crowe, Viewpoint, août
1993 : Felicity Owen, Country Life, octobre ; James Bustard, The Scotsman, 27 novembre ; Architects’ Journal, novembre ; Linda Bredin, The Sunday Telegraph, 5 décembre
PRESSE







Écrits
Au premier abord, il est tentant de rejeter les peintures architecturales de Renny Tait. D’une construction rudimentaire, utilisant une palette principalement composée de bruns et d’ocres sourds, ces toiles guindées et silencieuses ne suscitent aucune réaction immédiate chez le spectateur. Elles dégagent une sorte de mièvrerie à la fois banale et vaguement choquante. On n’y perçoit aucune prédisposition pour la beauté. Il traite les usines et les bâtiments agricoles exactement de la même manière que les châteaux et les palais, le tout inscrit dans un environnement idéalisé et inhabité.
Mais à mesure que l’on s’attarde sur cet aspect de son œuvre, il devient peu à peu évident que, derrière cette idéalisation, une force surprenante se dégage. En abordant l’idéal, Tait transcende le réel et en crée un objet beau et indépendant. De plus, grâce à notre expérience de l’idéal tel que décrit par Tait, le spectateur est amené à une nouvelle appréciation du réel, percevant la beauté intrinsèque d’un objet jusque-là considéré comme laid, ou du moins indigne d’une véritable contemplation esthétique. L’objectif, semble-t-il, n’est pas d’embellir la réalité, de la rendre plus belle, mais de nous contraindre à repenser comment et pourquoi nous attribuons une valeur esthétique à certains objets et pas à d’autres.
Les œuvres de plus petit format sont plus réussies, leur taille étant plus en accord avec la modestie du style de Tait. Certaines possèdent une simplicité lyrique véritablement désarmante. De plus, certaines peintures dégagent une qualité magique, presque féerique, qui invite à un examen plus attentif.
On comprend vite que le secret de l’art de Tait réside précisément dans ce qui nous avait d’abord semblé limitant : son utilisation de la couleur. L’effet de toutes ces ocres est celui de chaudes poches de brun doré qui émanent des murs blancs et froids de la galerie, créant une atmosphère étrange et irréelle. Comme dans un rêve, où l’on survole les détails mais où demeure le sentiment poignant d’une atmosphère chargée d’un sens indéfinissable.
Eric BUTCHER
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RENNY TAIT
Au premier abord, Renny TAIT semble être un peintre d’architecture. Mais cette apparence est trompeuse, à l’image de ses toiles elles-mêmes. Le bâtiment paraît immédiatement reconnaissable – comme la cathédrale Saint-Paul, par exemple. Un second regard révèle que l’artiste a pris de grandes libertés avec le bâtiment réel et son environnement. TAIT traite ses sujets comme des natures mortes et exerce une maîtrise absolue sur la composition, le contenu et l’arrière-plan.
Les centrales électriques, les usines, les dômes et les tours jouent le même rôle que les fruits dans la « Nature morte au panier d’oranges » de Zuburban – source d’inspiration pour la vision qu’a TAIT d’une cimenterie. Un plat en étain devient un château d’eau ; le panier lui-même se métamorphose en cylindres dorés centraux ; et une tasse en céramique se transforme en une tour de tuyaux d’un riche coloris beurre. TAIT emprunte également des relations chromatiques à Giovanni Bellini : des ciels bleu lapis-lazuli se détachant sur des dômes dorés.
De même que les bâtiments évoquent des natures mortes, la nouvelle série de tableaux d’objets du quotidien, tels que tasses, bouilloires et pots à café, est peinte de manière à évoquer l’architecture. À l’instar de son fascinant usage de la perspective, la représentation de TAIT trompe et ravit le regard. Le motif principal est traité avec soin, mais sert de point de départ à d’audacieuses études sur le jeu des couleurs, des formes et de la lumière. Chaque tableau dessine un motif précis et mathématique.
Le fait que Tait ait débuté comme artiste abstrait prend tout son sens. Après avoir quitté l’École d’art d’Édimbourg, le monde visible commença à s’immiscer dans ses abstractions aux contours nets. Un immeuble résidentiel blanc immaculé des années 1930, situé derrière le V&A et donnant sur son atelier, apparut dans son œuvre comme une présence fantomatique sans fenêtres. Il lui servit de tremplin pour les brillantes études quasi architecturales qui contribuèrent à sa renommée, déjà importante et toujours grandissante.
Ces magnifiques toiles, d’une technique virtuose, font le lien entre le classicisme et l’abstraction. Les influences plus tardives – Mondrian, Morandi, Barnett Newman – se mêlent harmonieusement aux univers très différents de Bellini et Wren pour former l’univers mystérieusement désert de Tait, fait d’harmonies chromatiques et de lumière éclatante. Elles rappellent au spectateur, avec calme et séduction, deux vérités essentielles : que tout art est abstrait, et que ni la beauté ni la peinture ne sont mortes.
Robert Heller, octobre 1997