Née à Barcelone (Espagne), en 1966

Ses architectures intérieures intemporelles où la silhouette humaine apparaît discrètement dégagent une belle sérénité. Sa technique, reconnaissable entre toutes, allie la peinture en à-plats épais, volontairement écaillée, à des collages de tissus et papier fondus dans cette matière quasi organique. L'œuvre de Regina GIMENEZ a été récompensée par de nombreux prix, et sa notoriété européenne est indéniable.

Oeuvres

 

Expositions & foires



Vidéos

Regina GIMENEZ (fragments)

2012


Biographie

Licenciée en Beaux-Arts, Université de Barcelone

EXPOSITIONS INDIVIDUELLES
Allemagne: Fribourg (Pro Arte)
Belgique : Bruxelles (Galerie Pierre Hallet)
Espagne : Madrid  (Galerie Jorge Albero) ; Barcelone  (Galerie Can Mora de Dalt, Galerie Ambit, Galerie Palma XII, Galerie Trama / Sala Parès, Galerie A.C.Rose Selavy,  Arno Editions, Fondation Vila Casa) ; Girone (Galerie Cyprus, Sant Feliu de Boada) ; Tarragone (Espai 21 Cambrils) ; Terrassa (Centre Culturel, Caixa Terrassa) ; Andorre (Carmen Torrallardona) ; Torroella de Montgri (Galerie Michael Dunev) ; Sant Cugat del Vallès (La Galerie) ; Baix Empordà (Galerie Miquel Alzueta, Casavells) ; La Corogne (Galerie Ana Vilaseco)
France : Paris (Galerie ARCTURUS, Galerie Bruno Delarue) ; Metz  (Galerie Le Cercle Bleu) ; Etretat (Galerie Bruno Delarue) ; Isle Sur Sorgue  (La Tour des Cardinaux)

EXPOSITIONS COLLECTIVES
Espagne : Barcelone (Galerie Senda, Fondation Codespa, La Senta, Galerie Llucia Homs, Galerie Alejandro Pares, Galerie Trama, Galerie Ambit, Galeria Barnadas, Galerie Anne Benach, Galerie Rosa Ventosa, Galerie Pergamon, Galerie Artur Ramon) ; Madrid  (Galerie Jorge Alcolea, Galerie Jorge Albero, Caja Madrid ) ; Andorre (Carmen Torrallardona) ; Girona (Galerie Fecit, St Feliu) ;Torroella de Montgri (Galerie Michael Dunev)
France : Paris (Galerie de l’Avant Musée, Galerie ARCTURUS) ; Lyon (Galerie  Flammarion Bellecour) ; Avignon (Galerie Ducastel) ;  Cahors (Entreprise MAEC) ;   Marseille (Galerie les Arsenaux) ; Sainte-Maxime  (Galerie Thibaut) ;
Italie : Milan (Galerie 32)

FOIRES
Angleterre : London Art Fair
Espagne : Arco, Madrid et Barcelone ; ArtExpo, Barcelone ; ArteBA, Madrid ; Biennale d’Art Contemporain de Tarragone
France : St’Art, Strasbourg (Galerie ARCTURUS) ; Art Paris (Galerie ARCTURUS) ; Lille Art Fair (Galerie ARCTURUS)
Argentine : ArteBA,  Buenos Aires ; Chine : CIGE, Pékin ; Corée du Sud : KIAF, Seoul ; Etats-Unis : International Miami Art Fair, Miami

COLLECTIONS PUBLIQUES
Espagne : Musée d´Art Moderne de Tarragone ; Fondation Carmen & Lluís Bassat ;  Collection Banque de Sabadell ; Fondation Antoni Vila Casas ; Collection Testimoni, « La Caixa »
France : Fondation Coprim, Paris

PRIX
2010 : 1er prix de peinture, Biennale d’Art de Tarragone
2001 : 1er prix, VII ème prix Ricard Cami, Caixa de Terrassa
1999 : Prix de la Fondation de l’Encyclopédie Catalane ; 2ème prix du Centenaire du FC Barcelone
1995 : 1er prix, XXXVII ème  prix de la Jeune Peinture, Sala Parès, Barcelone
1988 : 1er prix, XXX ème  prix de la Jeune Peinture, Sala Parès, Barcelone

BIBLIOGRAPHIE
2008 : Regina GIMENEZ, « Monographie », Editions GMA
2007 : Jean-Louis Poitevin , catalogue exposition, Galerie Arcturus
2002 : Albert SALVADO, catalogue exposition, Galerie Torralardo ;
Xavier GRASSET, catalogue exposition, Galerie Espai 21,
2001 : Francesc MIRALLES et Pere GIMFERRER, « Sur la réalité de l’imaginaire »,  Galerie Cyprus
2000 : Baltazar PORCEL, « Espagne, éloge de l’imaginaire », Skira ;
Marcos GIRALT TORRENTE, catalogue exposition, Galerie Jorge Albero
1999 : Miquel de PALOL, catalogue exposition ;
Lluis RACIONERO, catalogue exposition, Galerie Delarue ;
Maria Merce ROCA, catalogue exposition MacArt ;
J.F. YVARS, catalogue exposition, Galerie Siglio
1996 : Joseph CADENA, catalogue exposition, Galerie Ambit

Presse



Textes

LES ECAILLES DU REVE DANS LA FORME DU TEMPS

L’œuvre de Regina Giménez interroge cette relation étroite et indicible qui nous unit à notre environnement. L’architecture intérieure est l’expression de notre vision du monde et la forme de notre pensée. Nous habitons l’espace autant qu’il vit en nous et détermine notre manière de penser.

En choisissant d’en faire le sujet de ses toiles, Regina Giménez nous plonge au cœur de nos contradictions, mais en le faisant au moyen de la Peinture, elle lui rend ce qui constitue sans aucun doute sa puissance propre, celle d’exprimer visuellement ce qui ne peut pas se dire, ou que difficilement, par des mots. Il y a en notre psychisme une dimension qui dépasse celle de la linéarité des mots, c’est celle de notre conscience. La conscience pense avec, dans et par l’espace. Les toiles de Regina Giménez disent notre manière de penser, de construire et de vivre l’espace. Ce sont ces trois registres qu’elle réussit à faire tenir dans les deux dimensions de la toile et ceci à travers la manière même qu’elle a de se saisir des matériaux de la peinture.

Que voit-on sur ces toiles ? Des pans de mur, des panneaux d’intérieurs, des éléments de cuisine ou de salon. Chaque surface peinte représente à la fois une parcelle de l’espace réel et une strate d’un autre espace, indicible et complexe celui-là et qui semble composé de plans à la fois architecturaux et mobiles. La source du trouble qui nous envahit devant ces toiles est en même temps celle de leur puissance. Ces plans semblent se détacher les uns des autres comme s’ils étaient les éléments d’un espace irréel, d’un monde tel qu’il en existe dans les rêves et non des pans de murs dans un intérieur moderne. Cette ambiguïté se retrouve dans le traitement des surfaces peintes.

La technique picturale de Regina Giménez porte et renforce son propos. Dans des toiles antérieures, de grands à-plats, gris ou ocre clair étaient peints à grands coups de larges pinceaux. Cet effet de balayage servait à isoler la figure, demeure, bâtiment ou intérieur et en renforçait la présence. Aujourd’hui, on retrouve de tels à-plats mais dans une matière qui semble avoir subi les outrages du temps. Elle s’écaille, et c’est bien sûr un traitement volontaire de la part de Regina Giménez. Ces pans de murs écaillés disent du temps, la violence implacable, la lenteur de serpent, la puissance invincible. Et, comme enchâssés en lui, à la fois lui résistant et semblant irrésistiblement promis à la même destruction, nous voyons les intérieurs de nos maisons de rêve. Ils en dessinent la forme, là où les éléments de collage viennent en dire la consistance, une consistance cependant démentie par la fragilité du matériau, le papier et son aspect de morceau rapporté dans la matière presque organique de la peinture.

En tout cas le conflit fait rage dans ce monde en apparence calme et serein. C’est lui qui nous pousse, comme cette femme dans l’un des tableaux, à quitter la scène de nos rêves. Ce conflit oppose en chacun de nous la puissance du rêve à l’impossibilité où l’on est de les faire durer toujours. Ainsi voit-on le blanc tâché, et le noir qui résiste et derrière un pan de mur abritant une cheminée moderne, un grand mur de bleu tiède qui seul semble devoir résister aux écailles du temps.

Ainsi tout devient non seulement visible mais lisible. Les carrés qui se déboîtent et s’emboîtent, les pans qui s’ouvrent les uns dans les autres, les glissements d’une matière à l’autre, tout cela forme la grammaire picturale de Regina Giménez qui réussit, à travers elle, à faire que la peinture ne fasse pas que montrer mais écrive aussi le passage du temps dans le temps.

D’une manière magistrale, elle met en scène l’espace de certains de nos rêves, celui de nos espoirs et celui de nos croyances et, dans le même temps, elle nous fait éprouver leur fragilité. Elle nous renvoie l’image de notre impuissance à les faire tenir contre le temps mais nous aide à construire l’équilibre qui nous permet de lui faire face.

Par Jean Louis POITEVIN, 2007

Je n’avais pas eu occasion de voir les tableaux originaux de Regina Gimenez, bien que j’avais eu la chance, en 1998, de voir reproduites dans un livre, sous forme d’illustrations, quelques unes de ses œuvres. Sur la couverture apparaissait un bateau et dedans, accompagnant le texte, des scènes de paysages et objets qui jouaient un rôle dans le récit illustré.

Il m’a semblé que l’esprit de ces illustrations était de suggérer un certain mystère, dans un compromis d’innocence, de lointaine et consciente ingénuité. Il y avait en elles quelque chose de très doux, très poétique. Ces maisons comme découpées et collées des deux côtés de la large ligne de la rivière, cette bicyclette appuyée contre un mur, ce lion qui, immobile, annonçait la taverne, cet énigmatique ballot abandonné, tout tendait à me dire que les histoires de la vie sont absolument nécessaires.

Cette exposition, comme je le sais maintenant, a été précédée d’autres dans lesquelles l’univers de Regina Gimenez s’est centré sur des espaces ouverts, publics, des bateaux, des lumières, des usines, des espaces qui transmettent un sensation de mystère, de quelque chose d’abandonné et que l’on vient de redécouvrir. Les espaces que nous parcourons dans les tableaux exposés aujourd’hui sont plus privés, ce sont des logements et des rues de nos villes, scènes de notre vie quotidienne situées dans un lieu qui appartient à une histoire commune. À un film aussi, peut-être parce que les femmes isolées qui marchent, s’arrêtent, regardent, s’en vont, les fenêtres auxquelles elles se montrent, les lignes des maisons dans lesquelles elles disparaissent, nous renvoient à l’esthétique de cette maison mythique de Frank Lloyd Wright où se succèdent les dernières scènes de la magistrale « Mort aux Trousses », d’Alfred Hitchcock.

Dans les collages de Regina Gimenez, les personnages sont libres. Entre le cristal des baies vitrées et celui des vitrines, ils sont tellement fragiles qu’ils sont libres. Ils ont trouvé un monde fugace et transparent. Et dans cette fugacité transparaît la présence inéluctable du temps, ce qui nous émeut. Les heures, les jours, les années passent, mais le mythe de notre vie privée et quotidienne se poursuit, et le mystère se perpétue. Nous sommes seuls et nous construisons avec notre regard la maison dans laquelle nous habitons, la maison que nous laissons derrière nous, la maison que les autres, ceux qui passent dans la rue, regardent et inventent. Il se peut que nous ne sachions jamais ce que nous faisons ici. Mais cela vaut la peine de réfléchir, regarder, inventer.

(…) Des années après avoir connu l’oeuvre originale de Regina Gimenez, j’ai ouvert à nouveau le livre qu’elle a illustré en 1998, intitulé « L’ombre d’une nuit » et dont je suis l’auteur. (…) J’ai transité par les espaces de Regina Gimenez en jouissant de la beauté que l’on y respire, de l’amour pour tout ce qui quotidiennement nous échappe, de la lutte pour laisser notre trace fragile dans le temps, et je m’assieds maintenant comme une de ces femmes solitaires qui habitent les maisons de Regina Gimenez et qui respirent l’air poétique qui imprègne ses tableaux.

Par Soledad PUERTOLAS

COMMENT RECONNAIT-ON QUI A DES APTITUDES A DEVENIR CLASSIQUE ?

Ce n’est pas facile. Horace proposait comme critère que l’œuvre soit appréciée cent ans après la disparition de l’auteur, critères très efficace mais qui ne nous permet pas de prédire qui est en voie de devenir un classique.
Il existe une sensation de maîtrise, de facilité, de cohérence, de direction, de consistance, voire d’insistance, qui nous alertent sur la qualité du peintre. On s’aperçoit que Regina sait ce qu’elle veut, elle le cherche, le tâte, le trouve, le répète, le change et poursuit sa recherche, dans cette forme dense, « matiérique » de peindre où la texture est si importante – raison pour laquelle l’affiche et la reproduction ne lui conviennent pas aussi bien qu’à d’autres – et les couleurs se nuancent dans une gamme qui est clairement la sienne.

Gimenez peut parvenir à être classique, avec la circonstance particulière que sa peinture est romantique. Elle entend exprimer – et donc communiquer – des émotions et des états âme, du moins des impressions, ce qui est déjà beaucoup en cette époque de mépris olympique pour la seconde vie de l’art qui est sa renaissance – c’est à dire, son impact – sur la sensibilité du spectateur. On sent bien que Gimenez désire communiquer et on lui en est reconnaissant dans ce désert d’hermétisme, d’indifférences et même de mépris qu’est l’art contemporain où le critère est « ça marche », comme si un tableau était une machine diesel ou une fraiseuse.

Un tableau est une subtile vibration de la sensibilité qui pénètre dans d’autres sensibilités et, si il est révélateur, puissant, vital, actuel ou suggestif, il les touche, les illumine, les excite ou les émeut. Tout ce qui n’est pas ainsi est engin, machin ou installation, plomberie ou menuiserie, mais n’est pas de l’art.

Gimenez est une artiste romantique parce qu’elle se dit admiratrice de Caspar David Friedrich qu’elle rappelle loyalement dans la gamme de sa palette et dans la lumière tamisée et ténébreuse, puisque dans les formes et les figures il serait impossible qu’elle le répétât aujourd’hui. C’est pour cette raison que cette femme peintre m’intéresse, parce que Friedrich, avec sa trompeuse froideur extrême, diaphane et crépusculaire, me touche comme peu de peintres. Trouver dans les temps actuels une femme douée de cette sensibilité est un repos pour mes sens stressés, rassasiés de cris et de chuchotements des prétendus artistes de cette fin de civilisation. Pour exprimer la mélancolie de la décadence, je préfère un crépuscule de Friedrich ou quelque objet qui lui ressemble.

Par Luis RACIONERO

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