Koen VANMECHELEN

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Né à Saint-Trond (Belgique), en 1965

Koen VANMECHELEN, artiste conceptuel internationalement reconnu, travaille sur la diversité et l'identité bioculturelle. Son œuvre est aussi diverse et aussi hybride que le poulet cosmopolite: un mélange unique de tableaux, de dessins, de photographies, de techniques 3D novatrices, de vidéos, d'installations et de sculptures en bois. Le thème unificateur reste la poule et l'œuf. Mais rien n'est ce qu'il semble. Le noyau du projet n'est ni le poulet ni l'œuf, mais le croisement et la diversité qui en découle.

Expositions & foires



Biographie

EXPOSITIONS DANS LES MUSEES
2016 : «Planetary Community Chiken »,  National Gallery of Zimbabwe, Harare
2008 : « Breaking the Cage – The art of Koen Vanmechelen” Victoria  and Albert Museum, Arts & Business,  Londres, Grande-Bretagne
« The Chicken’s Appeal », Museum Valkenhof, Nijmegen, Pays-Bas
2007 : « Genesis », The Cosmopolitan Chicken, Central Museum Utrecht, Pays-Bas
2006 : « Handle with care», Pushkin Museum, Moscou, Russie
2005 : « Slow Art – Neue Akzente aus Flandern und den Niederlanden », Museum Kunst Palast, Düsseldorf, Allemagne
« Two Asias, Two Europes », Duolun Museum of Modern Art, Shanghai, Chine
2003 : « The Mechelse Owlbeard »,  Museum Barneveld,Barneveld, Pays-Bas
« The Mechelse Owlbeard », Museum GEM , KunstRAI Amsterdam, Pays-Bas
« The Walking Egg »,  Shinchu Museum, Taipei, Taiwan
1999 : « Walking Eggs »,  Museo del Vetro, Venezia-Murano, Italie
1998 : « Beeld B3 »,  Stedelijk Museum, Göteborg, Suède

EXPOSITIONS INDIVIDUELLES
Allemagne : Berlin (Cube) ; Munich (Galerie K4)
Angleterre : Londres (Saint Pancras Church)
Belgique : Bruxelles (St. Lucas Gallery, Marijke Scheurs Gallery) ; Chimay (Chateau de Chimay) ; Genk (CosmOpolitan Gallery) ; Knokke (Guy Pieters Gallery) ; Louvain (Cultureel Centrum ) ; Otegem (Gallery Deweer) ; Vichte (Chateau de Vichte)
Etats-Unis : Detroit (Wasserman Projects Gallery) ; Washington (Connersmith Gallery)
France : Paris (Galerie ARCTURUS)
Italie : Turin (William Gallery), Venise (Berengo Free Space)
Pays-Bas : Amsterdam (De Brakke Grond), Rotterdam (Studium Generale)
Slovénie : Ljubljana ( Galerija Kapelica)
Suède : Malmö (Galerie Tapper)

FOIRES
Belgique : Art Brussels, Bruxelles
Espagne : ARCO, Madrid
Etats-Unis : Miami Art Fair, Miami
Italie : Biennale de Venise, Venise
Japon : Tokyo Contemporary Art Fair, Tokyo
Russie : Moscow Biennale of Contemporary Art,  Moscou
Suisse : Art Basel, Bâle

BIBLIOGRAPHIE
2008 : The Chicken’s Appeal, Museum Het Valkhof, Nijmegen, Pays-Bas
2007 : Koen Vanmechelen/The Accident, Het Glazen Huis, Lommel, Belgique
2005 : The Walking Egg/Born,P. Dupont, Fertility Hospital, Genk, Belgique
The Virtual Mechelse Fighter, Deweert Art Gallery, Otegem, Belgique
2003 : “The Cosmopolitan Chicken”, edition Ludion, Ostende, Belgique
Koen Vanmechelen/Cosmopolitan Chicken Project, Barbara Simons & Wouter Keirse, Ludion Gent-Amsterdam, De Brakke Grond, Amsterdam, Pays-Bas
2001 : Cosmopolitan Chicken Project – Between Natural Breeding and Genetic Engineering, Deweert Art Gallery, Otegem, Belgique
1998 :    “Manneke van Glas” avec Gregie De Maeyer et Peter Labarque, Averbode, Pays-Bas
1997 :    “De Kooi”, avec Gregie De Maeyer, Averbode, Pays-Bas
1996 : “Juul”, avec Gregie De Maeyer, Loguez Ediciones

Presse



Textes

Depuis ma plus tendre enfance, j’ai ressenti l’urgence encore et toujours de créer des choses nouvelles, de les déchirer, et de les reconstuire et de combler d’autres désirs encore meilleurs.

Fasciné par les choses que m’offre la nature, j’ai commencé petit à collectionner les volailles. L’attrait pour leur plumage, leur comportement révérencieux, la ponte des œufs, fabriquer de gigantesques cages en bois et les efforts pour élever ces animaux extraordinaires dans des machines d’élevage m’a occupé jour et nuit.
Sans savoir que cela allait déterminer le reste de ma vie.
L’urgence et l’incessante recherche, encore et encore, d’une nouvelle construction aboutirent à une symbiose étrange : le bois.
Le bois et la façon dont je le comprends, me permirent de donner la liberté aux créatures, qui avaient tout et rien à faire à la fois avec les bipèdes.
Un oiseau marchant avec sa propre cage sans ailes ni racines, toujours sur son chemin.
Attiré par mon atelier, j’ai commencé avec une série de sculptures et d’installations avec des oiseaux, des humains, des cages et des œufs en bois.

Toujours sur le chemin et cherchant, j’ai rencontré à travers mon exposition de constructions d’oiseaux et d’humains en bois démontées l’auteur pour enfant Gregie De Maeyer, qui souhaitait utiliser ces sculptures dans des livres.
D’abord il y eut  « Juul » après lequel il écrivit – d’après ma philosophie sur la cage – le livre « La cage », comme une sorte de catalogue de mon travail.
Réfléchissant à des concepts comme la construction et le destruction, j’atterris dans le monde du verre.
En même temps que développement d’un petit homme en verre, utilisé dans le livre du même nom, l’urgence se fit de faire un pas de plus.
Il en résulta une combinaison de métal et de verre, parmi lesquelles « Les Œufs qui Marchent », instantanément nés dans les fours de Murano à Venise.
Ce fut un fascinant point de départ pour continuer mon expédition d’explorateur dans ce monde fragile.
A ce jour j’ai réalisé une collection de volailles assemblées faites en argile et en herbe avec des cadres en fer capturant le verre.

Le monde est petit et derrière chaque coin une aventure nouvelle apparaît .

Sur 7,5 hectares de terrain dans la région boisée de Dilsem-Stokkem, j’ai commencé avec un programme d’élevage « Les Mechelbres ».
C’est une hybridation entre les fameux poulets Mechelse Koekoek et les poulets de Bresse. Une œuvre d’art vivante dans laquelle les hybrides de la première génération sont prêts dans huit groupes sanguins différents à continuer à travailler à l’ultime poulet et tout ce qui en découle.

Au même moment, j’ai voyagé au Népal et en Inde pour étudier leur ancêtre, le poulet Bankiva, pour en savoir plus sur leur différentes étapes d’évolution et pour les mettre en relation avec les cultures existantes telles que le textile, la musique, la religion, …

Aujourd’hui la seconde génération « Mechelbres » est déjà née avec un résultat inattendu : un très beau « poulet bleu ».
Le Mechelbres à son tour est le départ d’un programme de croisements avec des poulets fameux de tous les pays du monde. Le résultat final de ce programme de croisements sera le « Cosmopolitan » ou le super bâtard.

Par Koen VANMECHELEN, Sint-Truiden

Je savais déjà depuis un moment que Koen VANMECHELEN avait quelque chose à voir avec les animaux, et plus particulièrement avec ces spécimens bipèdes à plumes qui appartiennent bien plus aux espèces qui marchent  qu’à celles qui volent . Il semble fasciné par les limitations des espèces et pénètre en profondeur leurs modes de vie. Quelques exemples de ces galliformes se promènent dans une pâture clôturée derrière sa maison. Je suis surpris de voir quelques émeux, qui, bien que non endémiques, se sentent parfaitement à l’aise.

Ces dernières années, l’artiste fut sans cesse inspiré par ces animaux pour créer des représentations imaginaires en bois, en fer, en plâtre, en textile et en verre . Il m’a parlé d’un premier élevage de faisans qui vivent quelque part en haut des montagnes de l’Himalaya et les compare à des élevages qui vivent dans les vallées de l’Inde ou de Malaisie. Il parle de vautours : de stupas dans l’Est lointain, décorés de têtes d’aigles, de ses projets de réaliser un bipède en verre pour l’an 2000, mesurant plus de 400 mètres et revient en arrière pour reparler des danses d’accouplement des volailles. Pour un artiste, rien n’émerge de nulle part. Les sources d’inspiration sont nombreuses : la nature, le voisinage, l’homme et souvent aussi l’histoire de l’Art.

Dans le conflit entre la figuration et l’abstraction, entre l’art inspiré de la nature et l’art en tant que discipline autonome non inspirée du monde environnant, Koen VANMECHELEN a clairement choisi le premier. Cependant ses représentations d’animaux ne suivent pas le modèle de la nature. Ils sont immatures d’une certaine façon, exemples des différentes étapes d’un processus qui ne s’arrête jamais : des passants rêveurs sur leur chemin vers l’indéfinissable. Il recherche les ambiguïtés et les contradictions entre la perfection et l’imperfection, entre le constructif et le destructif. Les nombreuses cages occupées ou non qu’il construit, bien que jamais vraiment fermées, illustrent la relation homme-animal. Cependant les représentations imaginaires de la réalité semblent être désormais devenues propres à satisfaire le désir de VANMECHELEN pour l’aventure de la création.

La création d’une nouvelle race de poulets, le Mechelse-Bresse, un hybride qui n’existe pas encore entre deux variétés fameuses, le Mechelse Koekoek et le poulet de Bresse français, a retenu toute son attention. Un programme artistique ? Cela me pose un problème. Le programme d’élevage scientifique ne remplit pas les conditions de ce que l’art est ou devrait être. Ou au contraire les remplit-il ? Jusqu’au début du siècle il était admis que l’art était un substitut de la réalité: dans le reflet de la réalité, l’artiste ramène l’image à la vie. C’est le pouvoir de l’imagination qui crée la discontinuité entre le représenté et le représentant. Dès lors la représentation laisse dans une large mesure de la liberté dans la relation avec le représenté .

C’est toujours une interprétation de l’artiste qui nous montre une perspective particulière ou différente de la réalité et qui est reconnaissable une fois évoquée par l’image. En tant que simulation, la représentation détermine pour une large part la signification du représenté. Marcel Duchamp a remis en cause l’idée de l’art en tant que substitut de la réalité. Avec sa Fontaine en 1912, il n’expose pas une image mais l’objet réel lui-même. En 1914, Warhol reprend cette idée avec les Brillo Boxes.

Le représentant et le représenté coïncident et deviennent identiques. L’objet de la réalité est déclaré être une œuvre d’art, sur la seule base du concept selon lequel le contexte est déterminant pour la signification que nous attribuons à l’objet. Dès lors l’art devient dépendant du contexte – de l’environnement dans lequel apparaît l’œuvre d’art ( depuis le monde réel jusqu’au musée) – et de la formulation. La signification n’évolue pas seulement à partir de la nature de la représentation mais aussi du lieu (le contexte) de la présentation. Dès lors il n’y a rien de mal dans le fait pour Koen VANMECHELEN de présenter un poulet, si ce n’était que ce poulet, le Mechelse-Bresse, n’est pas une réalité mais en train de le devenir . Il ne présente pas une image de la réalité, ni un objet réel dans un contexte différent, mais une entité vivante qui n’existe pas encore et qui va devenir réelle.

S’il faut qu’une œuvre d’art soit nouvelle ou renouvelante, c’est assurément le cas pour le Mechelse-Bresse. Le spectateur devient le témoin de l’aventure de l’artiste qui pousse un peu la nature pour produire une nouvelle créature d’une façon entièrement naturelle et non manipulée.

Les prospectives sont larges.

Nous sommes impatients de voir le moment ultime de la surprise. En attendant je peux seulement en conclure que les artistes sont une espèce étrange.

Par Florent BEX

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