Né à Santander (Espagne), en 1964

La peinture de Miguel MACAYA est une explosion d’ombre et de lumière. Un fond ténébreux magnifiquement travaillé à l’huile sur bois, laisse paraître de manière énigmatique ses thèmes classiques que sont les natures mortes, animaux et personnages.
Il expose régulièrement en Europe, et depuis peu aux Etats-Unis et en Chine.

Oeuvres

Expositions & foires



Vidéos

Exposition "Miguel MACAYA et Ivan FRANCO - Un Face à Face espagnol"

2017

Entretien Miguel MACAYA pour BTV

2013

Biographie

FORMATION
1992 : Voyage de travail à Londres pour le Delfina Studios Trust
1984 : “ Escola Massana ” de Barcelone
1982 : Etudes de dessin, peinture et sculpture à Santander, avec des voyages de formation dans divers pays européens

EXPOSITION DANS LES MUSEES
2008 : Casa de Vacas, Retiro, Madrid ; Carmel de Tarbes, Tarbes (Galerie ARCTURUS)
2004 : Fondation Vila Casas, Barcelone
2002 : Panorama Museum, Bad Frankenhausen ; Musée d’Almeria, Almeria
2001 : Fondation Fran Daurel, Barcelone
1999 : Fondation Vila Casas, Barcelone
1995 : “ Punto de partida 6 ”, Musée Municipal de Beranga, Cantabrie

EXPOSITIONS PERSONNELLES
Espagne  : Barcelone  (Jordi Barnadas Gallery, Galerie Cartoon, Sala Pares, Galerie Miquel Alzueta), Madrid (Galerie Jorge Albero, Galerie Jorge Alcolea), Navacerrada (Galerie Nolde),  Santander (Sala Pancho Cossio, Galerie Siboney), Torroella de Montgri (Galerie Michael Dunev), Gerone (Galerie Cyprus) , Andorre (Carmen Torrallardona), Valence (Galeria Val i 30)
France  : Paris (Galerie ARCTURUS), L’Isle sur la Sorgue (Galerie La Tour des Cardinaux) , Metz (Galerie Trinitaires), Annecy (Galerie Chantal Melanson)
Suisse : (Sala Parés, La Cave, Genève)
Pays Bas : (Galerie Vieleers, Amsterdam)

EXPOSITIONS COLLECTIVES (sélection)
Angleterre : Londres (Delfina Studio Trust, Galerie Lydia Luyten & Sylvie Vaugham)
Argentine  :(Centre de Design de la Recolata, ArteBA, Buenos Aires
Espagne : Barcelone  (Sala Pares, Galerie Miquel Alzueta, Galerie 3 punts, Galerie Llucia Homs Galerie Artur Ramon ), Madrid (Galerie Jorge Albero, Galerie Jorge Alcolea, Galerie Trama), Madrid (Galerie Jorge Albero, Galerie Jorge Alcolea), Navacerrada (Galerie Nolde), Jerez (Centre d’art), Torroella de Montgri (Galerie Michael Dunev), Gerone (Galerie Cyprus), Casavells  (Galeria Miquel Alzueta)
Etats-Unis : Berkeley (Galerie Jacqueline Rindone)
France : Paris (Galerie ARCTURUS)
Pays-Bas : Amsterdam (Galerie Vieleers)

FOIRES
Angleterre : London Art Fair
Belgique : Art on Paper, Bruxelles; Feria Antica Namur
Espagne : Arco, Madrid : Art Madrid
France : Salon itinérant “ Bazart ”;  Art Paris ; St’Art, Strasbourg
Pays-Bas : Holland Art Fair 2005, Contemporary Art Center, Utrecht

COLLECTIONS PUBLIQUES
Espagne : Fondation Vila Casas, Barcelone ; Fondation Fran Daurel, Barcelone

BIBLIOGRAPHIE (articles)
Connaissance des Arts, L’œil, Miroir de l’Art, El Pais, Officiel des Arts, Azart, Ed. Alcolea, Ed. Alzueta, Ed. Arcturus

Presse



Textes

MIGUEL MACAYA : LA MATIERE ET SON ÂME

Francis Bacon avouait un jour dans l’un de ses Entretiens (1) qu’il savait beaucoup moins de choses que les tableaux qu’il peignait. Il semble qu’il en aille de même pour les toiles de Miguel Macaya, pour peu que l’on s’arrête attentivement sur ses œuvres, personnages ou natures mortes. Il enveloppe celles-ci d’une sorte de mystère. Quant aux visages, il leur donne une âme. Ils fixent le spectateur d’un regard qui le pénètre, ou bien ils l’ignorent pour s’absorber dans une étrange absence. Il en naît comme un malaise : soit l’on se sent observé, dénudé ; soit l’on se sent indiscret. Mais la fascination l’emporte, tant la présence du sujet est forte. Le tableau dirige.

La présence est forte, mais paradoxalement il y a toujours une face cachée dans un visage de Macaya : un bandeau sur l’œil, une tache d’ombre, un non-dit, une pudeur. Le contraste est d’ailleurs la clé de l’œuvre de l’artiste : figuratif et immatériel, réaliste et impalpable, lumineux et sombre.
Les toiles, construites sur un rapport d’ombre et de lumière, laissent apparaître un fond ténébreux et silencieux d’un noir infini, magnifiquement travaillé à l’huile, sur lequel se détachent les sujets. Pas de décor d’arrière plan. Pas de fioritures. Au moyen d’un jeu de savants clairs obscurs, qui n’est pas sans rappeler Rembrandt ou Goya et les maîtres de la peinture espagnole, Macaya fait jaillir la lumière du crépuscule, la brillance de l’opacité, la blancheur modulée et intense de la couleur sépulcrale. La matière est là – grumeaux, légers empâtements – qui tranche avec l’impassibilité d’une sorte de glacis satiné.

La complexité de la vie s’exprime dans chacune de ces toiles, à l’aide de symboles. Une assiette blanche et vide posée sur une surface nue dit la solitude, la vanité des choses. Une nuque fragile évoque doucement la sensualité. Les visages traduisent le mal à vivre. La physionomie des personnages est à son point le plus animé. Mais l’expressivité est tempérée par la douceur. La vigueur est sereine.

C’est d’une peinture de vérité qu’au bout du compte il s’agit. Macaya n’en dit jamais trop, jamais trop peu. Son œil est sobre. Ses natures mortes obéissent à un souci de modestie qui les réduirait à l’épure si ne venait les habiter l’esprit. L’esprit ? Oui, cette même profondeur, cette même intensité que l’on retrouve aussi dans les visages, et qu’on peut appeler la grâce, ou la poésie, ou l’âme.

(1) Francis Bacon, Entretiens avec Michel Archambaud, éd. Folio, 1996

Par Daphné TESSON

De l’ombre jaillit la lumière, voilà la vérité de cette œuvre, dans les portraits, les natures mortes, les animaux, les vaches, chiens , oiseaux, de l’ombre jaillit l’étincelle de vie… Voilà des toiles qui n’ont pas peur du temps. Elles resteront.
Mais, trêve de mots, trêves de phrases que l’on pourrait penser anormalement dithyrambiques. Trêve de mots, après tout, il suffit de savoir regarder ces visages, ces objets pour comprendre la richesse de cette œuvre. Et puis il faut la voir pour de vrai cette œuvre… Il faut l’approcher, presque au point de la toucher. Sentez-vous toute la poésie de cet univers ? Cette subtilité entre les tons, ces résonances entre les objets représentés… Voyez-vous ces sujets qui se détachent sur un arrière plan épuré, sans fioritures ? Percevez-vous le mystère qui émane de cette peinture… Ce silence serein, comme mis entre guillemets, oui une sorte de temps suspendu.

Par Ludovic DUHAMEL
Miroir de l’Art, Hors série N°3, Mai 2006

MIGUEL MACAYA

La lumière est une condition de l’existence des choses et l’instance décisive au moment de les représenter. Les élaborations de réception qui utilisent la technologie optique, – telles que la photographie ou son développement comme récit et représentation de mouvements, vulgairement connu comme cinéma, ou l’image virtuelle des écrans digitaux – ne parviennent même pas à cacher ce qu’elles doivent au seul effet de la lumière comme élément de son langage représentatif. Les arts plastiques s’appuient sur cette fascination originaire qui lie toute vision à un fondement lumineux. La lumière est le principe et la direction nécessaire du regard : l’indication ou le signal directeur qui oriente vers la connaissance certaine et, en même temps, la raison même de l’erreur. Une lumière se manifeste à l’entrée de la caverne platonique, et cette même lumière projette (représente) l’ombre des habitants de la caverne et les confond, les induit en erreur. Vérité et mensonge, vrai et faux, sont un effet de la lumière.
Dans la lumière réside ce qu’il y a de divin dans les choses et ce n’est pas par hasard que les métaphores les plus fréquentes qui nous parlent de la beauté ou de son expérience se rapportent si fréquemment à la lumière. La beauté est claritas pour Saint Augustin, un certain éclat qui s’observe dans la forme qui attire notre attention et qui guide l’âme de l’artiste créateur de formes, à travers le vaste bâtiment métaphysique imaginé par Plotin en tant qu’émanation de l’Unité originaire.
La peinture, depuis cette époque sans égale de la Renaissance, a toujours été une élaboration du chiaroscuro, du jeu de contrastes entre lumières et ombres sur lequel se base l’illusion du volume et du mouvement dans le plan de la toile. Depuis la Renaissance, peindre est apporter la lumière à la peinture, produire la clarté qui se détache ou qui jaillit d’une manière limpide sur le fonds ténébreux de l’objet sans ombre qu’on ne peut voir, ce néant primitif que nous imaginons comme pure expectation de forme. D’autre part, peindre la couleur est faire valoir dans chaque registre chromatique le degré luminescent qui l’identifie, comme le démontre le bleu absolu d’Yves Klein.
Mais, depuis Goya, il peut exister une peinture faite de ténèbres. Ou plus exactement, la peinture de la lumière qui renvoie à la nuit, comme il existe – depuis Francis Bacon – une forme peinte qui s’efforce à représenter ce qui n’a pas de forme. Quand la peinture semble nous apporter la lumière pour diriger notre regard vers l’ombre, alors nous nous trouvons face à quelque chose de sublime. La peinture de Miguel Macaya braque le regard vers ce qui est sublime justement parce que, sans renoncer à la lumière, elle nous oriente vers le côté obscur de la vision : vers ce que nous ne pouvons (ou ne voulons) pas voir, le fonds inconnu vers lequel ses personnages se tournent en nous tournant le dos. On dirait que, comme ses référents picturaux les plus illustres, les toiles de Miguel Macaya récupèrent pour la noblesse de l’huile ce que l’huile peut seule représenter : la nuit profonde, le noir infini, la référence aveugle d’où proviennent toutes les questions, auxquelles l’art fait de lumière et de couleur ne peut répondre qu’avec peine.

Par Enrique LYNCH

LA SOBRE ADVERSITE DES PERSONNAGES DE MIGUEL MACAYA

Miguel Macaya est un peintre original dans le bon sens du terme. On entend par là que c’est un peintre, non seulement difficile à classer, mais aussi à comprendre à l’œil nu, même si son œuvre possède des éléments suffisants pour captiver de manière directe et immédiate le spectateur.

Dans l’ensemble de tableaux qu’il nous présente actuellement, s’impose ou accepte – cela n’a pas d’importance – le défi difficile de s’intégrer, à partir de la modernité, aux courants les plus profonds de la tradition picturale espagnole. On pourrait facilement lui assigner de nombreux antécédents, anciens ou moins anciens : toutes les comparaisons seraient légitimes et aucunes ne seraient valables. On pourrait citer également plusieurs peintres contemporains d’autres milieux. Ces considérations, toujours incommodes et presque jamais concluantes, sont, dans le cas de Miguel Macaya, inévitables. Il est évident que Miguel Macaya applique son talent à la création d’un monde d’images dont l’interprétation exige de mettre en jeu nos propres ressources. Comme je l’ai déjà dit, par sa thématique et malgré son indéniable beauté formelle, la peinture de Miguel Macaya n’est ni commode ni décorative. Au premier abord, les sujets apparaissant fréquemment dans son œuvre sont la solitude et le désespoir. Ces deux éléments sans doute sont présents dans tous ou presque dans tous ses tableaux, mais sans les épuiser.

Dans l’ensemble, Miguel Macaya s’applique au portrait, quand même ce qui apparaît en cache les traits. Souvent, c’est ce que nous ne voyons pas qui donne au portrait sa force ou son expressivité, comme les mains étrangères qui interviennent depuis l’extérieur pour mettre un bandeau rouge sur les yeux du sujet, ou celle qui retient un chien, non avec une laisse conventionnelle mais avec une bride, plus en accord avec la taille et la force de l’animal. Ce sont des mains qui limitent mais ne répriment pas. Il est même possible qu’elles interviennent en faveur du sujet afin de le protéger d’un plus grand mal. Ceci rend leur intervention plus terrible. Parce que dans les tableaux de Miguel Macaya il n’y a pas de violence. Peut-être en fut-il autrefois différemment, mais tout semble indiquer que la violence est intervenue d’une manière décisive dans la vie du sujet mais n’est maintenant qu’expérience, facteur constitutif de sa personnalité, quelque chose d’inséparable de sa nature.

Autrement, les sujets ne s’efforcent pas à nous révéler leur existence. Certains tournent le dos au spectateur, ou le regardent avec l’expression de qui ne se cache pas, mais ne s’efforcent pas non plus à se faire comprendre. Même s’ils sont loin d’être triomphants, ils ne font pas appel à notre pitié.

Miguel Macaya nous le montre moyennant une peinture précise mais nullement empruntée, plus obstinée à chercher la vérité que l’exactitude. Ses portraits ont l’universalité des images anciennes ou imprévues, dans lesquelles une automobile représente toutes les automobiles, et l’instantané d’un criminel inclut tous les criminels et tous les crimes. Peut-être est ce l’objet ultime du portrait : ne pas laisser de témoignage du détail des traits particuliers d’un individu, mais plutôt de nous permettre de reconnaître dans cette ressemblance un être humain, fait de notre propre matière, même si son époque et ses circonstances vitales ont été très différentes des nôtres, même s’il incarne quelque chose d’exceptionnel ou de très éloigné de nos propres circonstances, telles le pouvoir absolu, la sainteté ou la folie.

Telle est la tradition à laquelle je faisais référence plus haut, une tradition qui rappelle Goya d’une manière immédiate, mais aussi tous les illuminés et visionnaires qui peuplent la peinture espagnole depuis plusieurs siècles.

Néanmoins, Miguel Macaya fuit les circonstances extrêmes, comme je l’ai déjà dit au sujet de la violence. Il y a une série de personnages dont la tragédie nous est présentée sans palliatifs : probablement des fous maîtrisés. Des détails imprécis suggèrent des thérapies anciennes, dans
des institutions d’autrefois. Chez ces personnages, comme chez les autres, prédomine ce que nous pourrions appeler une philosophie frugale, qui s’étend aux nature morte, trouve dans les chiens son expression la pus simple et se manifeste même sur le dos du personnage vêtu d’une blouse blanche qui contemple d’une manière pensive des ails avec l’attitude d’un chirurgien. Des moments de transition dans lesquels, sans savoir ni comment ni pourquoi, paraît se concentrer toute la vie.

Malgré tout, parmi les personnages humains et non humains, qui intègrent cette galerie de portraits, deux seuls semblent poser pour un portrait. L’un est un homme jeune avec les bars croisés sur un numéro qui l’identifie comme participant à un événement sportif, probablement à une course populaire. Même si sa constitution est forte, il n’a pas l’air d’un sportif professionnel. Sa tenue répond à une esthétique contemporaine et quelque peu vulgaire, ce qui l’éloigne délibérément du caractère intemporel, classique et idéalisateur qu’ont normalement les images athlétiques. On dirait un amateur tenace, qui n’a pas été victorieux, mais pas non plus vaincu. Il ne semble avoir rien de particulier à nous raconter ; ainsi donc, sa présence, le naturel de sa pose, peuvent nous paraître presque arrogants.

Le toréador est une autre affaire. Sans entrer à évaluer maintenant ses mérites artistiques, ni à établir des comparaisons avec les autres tableaux de cet ensemble, le toréador est, en définitive, celui qui produit le plus d’impact pour le spectateur, et, par conséquent, celui qui d’une certaine manière donne un sens à l’ensemble. Du tableau se dégage un sentiment dramatique mais équilibré auquel l’affaire ou l’anecdote n’est pas étrangère. Peut-être faut-il en chercher la raison dans la circonstance que Miguel Macaya possède une expérience directe de la tauromachie. En tant que peintre, il perçoit dans la cérémonie de la “ fiesta ” les lumières et les ombres, la beauté et la cruauté ; ses expériences personnelles lui permettent de raconter, non seulement ce que la tauromachie symbolise, mais aussi ce qu’elle est réellement.
Ce toréador ne représente pas la grandeur et la misère des taureaux, mais plutôt sa propre misère. Il ne faut pas être un observateur perspicace pour lire sur ses traits et son regard la fatigue et le découragement. Mais une analyse plus approfondie nous permet de deviner en outre le souvenir de quelques instants d’une intensité indescriptible, des vécus qui accompagneront le sujet tant qu’il vivra, même dans la déchéance la plus lamentable. Nous ne sommes pas face à l’image d’un raté ou d’une victime, mais bien devant l’image d’une personne que le sort a traité alternativement bien et mal, qui a fait face au danger avec un courage basé non pas tant sur l’inconscience que sur la fatalité, et qui maintenant peut faire un bilan de sa vie sans nostalgie ni repentir. S’il s’est fait faire son portrait vêtu du costume de lumière et la cape du toréador c’est parce qu’il ne renie pas ce qu’il a été et ne réclame aucune compassion, mais du respect.

Toutes ces réflexions prétendent être une réaction face aux tableaux de Miguel Macaya, non pas une analyse et encore moins une explication. Et ceci, non selon le vieux topique qu’une œuvre d’art n’a point d’explication et fuit l’analyse. Bien au contraire, l’œuvre d’art exige l’analyse et admet des explications nombreuses et fort variées, sans que ni l’analyse ni les explications la vident de son ultime mystère. Je crois que cette circonstance se manifeste dans les tableaux de Miguel Macaya.

Par Eduardo MENDOZA

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